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Les femmes et la retraitres

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mike:
Le sujet est brûlant. Engagée par le gouvernement, la réforme des retraites inquiète particulièrement les femmes, souvent pénalisées par une activité entrecoupée de congés maternité et par la disparité des salaires. Madame Figaro a réuni cinq d’entre elles autour d’Éric Woerth, ministre du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique : ensemble, ils s’interrogent sur les solutions à inventer pour envisager l’avenir avec lucidité.
Paru le 12.06.2010 , par Morgane Miel et Viviane Chocas

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Madame Figaro. – De façon spontanée, quasi épidermique, que signifie le mot « retraite » pour vous ?
Hapsatou Sy. - Aujourd’hui, pour moi, ce mot ne veut plus rien dire. La retraite évoque une inquiétude : je ne suis pas sûre d’y avoir droit un jour. Alors, en tant que jeune entrepreneur, j’agis pour la construire. Mon entreprise est mon capital pour l’avenir.

Sandra Legrand. - C’est le fait de se retirer. La fin d’une période active et le début d’une autre tranche de vie. Nous avons tous une « check list » de toutes les choses que nous n’avons pas eu le temps de faire. J’espère que j’aurai les moyens et la santé de réaliser mes envies.

Agnès Leroux. - Pour moi ce serait plutôt prendre mon temps. Je n’ai pas vraiment l’impression de l’avoir fait depuis trente ans… J’aimerais garder une activité sociale, peut-être rémunératrice, si mes revenus ne me permettent pas de vivre correctement.

Nathalie Tournyol du Clos. - Bizarrement, ce mot a d’abord un sens religieux pour moi. En tant que fonctionnaire, je me dis aussi que c’est un problème non réglé par l’État – et par ma génération. À titre personnel, je sais que ma retraite ne sera pas très grasse. J’essaie d’anticiper.

Évelyne Huard. - C’est la fin d’une activité professionnelle, la possibilité de vivre d’autres aventures, de me consacrer un peu plus à ma famille et de garder une vie associative.

Madame Figaro. – Et pour vous, monsieur le ministre ?
Éric Woerth. - C’est un sujet sensible, qui renvoie à l’image que l’on se fait de son propre vieillissement, de son utilité dans la société, et aussi de son travail. Est-ce qu’il m’ennuie, est-ce que je m’y épanouis, est-ce qu’il est pour moi une souffrance ? Au fond, traiter le dossier des retraites, c’est traiter de la vie.

Mais vous, vous imaginez-vous un jour à la retraite ?
Éric Woerth. - Non, parce que j’aurais l’impression que tout s’arrête. Cette expression « se retirer » me fait froid dans le dos. Elle donne l’impression que la vie, la société avancent et que d’un seul coup, on vous demande de descendre du train. Vous êtes seul au milieu du grand désert de l’Arizona et voilà : vous êtes « retiré ». Mais évidemment, c’est une réponse très personnelle. Je comprends tout à fait que quelqu’un qui a commencé à travailler tôt, ou tout simplement qui a envie de passer à autre chose, attende au contraire ce moment avec impatience.

Comment vous projetez-vous, alors ?
Éric Woerth. - En ministre, en parlementaire, en conseiller… Ce qui est vrai, c’est qu’il y a probablement un moment où chacun a envie de vivre à un autre rythme, d’acquérir plus d’indépendance, de passer moins de temps dans les transports et plus de temps avec sa famille, d’avoir moins de pression et de stress au quotidien.


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